Et si un bouleversement professionnel était, en réalité, le signal que vous attendiez pour créer votre propre voie ?
Imaginez la scène : vous êtes salarié, épanoui, dans une structure à taille humaine. Soudain, un rachat vient tout bousculer. Le projet change, l’ADN se dilue. C’est exactement ce qu’a vécu Carl Azoury.
Au lieu de subir ce changement de cap, Carl a choisi l’audace. Il a transformé cette frustration en moteur pour bâtir sa propre vision de l’entreprise. Aujourd’hui, près de 20 ans plus tard, il dirige Zenika, une ESN (Entreprise de Services du Numérique) de 600 collaborateurs réalisant 60 millions d’euros de chiffre d’affaires.
Dans cet épisode de Renacast, on décortique comment allier hyper-croissance, excellence technique et une bienveillance qui n’est pas qu’un simple mot sur un mur.
De l’agronomie au code : un virage inattendu
Rien ne prédestinait Carl à devenir une figure de la Tech française. Ingénieur agronome de formation, il ne découvre la programmation qu’en dernière année d’études. Un professeur visionnaire, un stage révélateur… et c’est le coup de foudre pour le développement (Smalltalk, puis Java).
Pendant dix ans, il forge son expérience comme consultant. Mais déjà, la graine de l’entrepreneuriat germe en lui : il s’investit chez 6DO avec une véritable posture d’intrapreneur. Il ne le sait pas encore, mais il est en train d’apprendre à piloter un navire.
Le Déclic : Quand le confort devient une prison
Le tournant survient en 2006. 6DO est racheté par un grand groupe. L’ambiance familiale s’évapore au profit de processus rigides. Pour Carl, le signal est clair : il est temps de partir.
Mais attention, pas de saut suicidaire ici. Carl incarne l’entrepreneuriat pragmatique :
- Le filet de sécurité : En parallèle de la création de Zenika, il passe des entretiens d’embauche.
- L’honnêteté payante : Lors d’un entretien chez Maltem Consulting, il joue cartes sur table. Résultat ? Son recruteur devient son premier soutien en l’envoyant en mission à Londres pour financer le démarrage de son projet.
« L’envie d’avoir un impact et de construire quelque chose dont je pourrais être fier était devenue plus forte que la peur du risque. »
La face cachée du succès : Adrénaline et sacrifices
Bâtir un leader de la Tech n’a pas été un long fleuve tranquille. Les débuts de Zenika ressemblent à un marathon en apnée. Les fondateurs travaillent le samedi matin dans un café sous la pyramide du Louvre.
Pendant trois ans, Carl vit en mode « commando » :
- Travail non-stop, soirs et week-ends.
- Une vie sociale réduite au strict minimum (ses parents venaient le voir sur son lieu de travail !).
- Une tension palpable avec ses associés.
Si l’adrénaline le portait, Carl porte aujourd’hui un regard lucide sur cette période : le succès ne doit pas se payer au prix de sa santé mentale sur le long terme.
La méthode Zenika : La « coolitude » sans le bullshit
Zenika a réussi l’exploit d’être n°1 au classement Great Place to Work. Mais ne cherchez pas de baby-foot pour faire joli. Pour Carl, le bien-être au travail est structurel :
- Le partage de la valeur : 55% des salariés sont associés et l’intéressement grimpe jusqu’à 20% des bénéfices.
- Le droit à l’erreur : On encourage l’initiative, tant que l’excellence technique reste le socle.
- La déconnexion réelle : Pas d’emails le soir, pas d’appels le week-end. Un respect sacré de l’équilibre vie pro/vie perso.
Avec une vision claire, « Coding the World », Zenika est devenu un partenaire de référence, reliant le monde organique et numérique. Aujourd’hui, l’entreprise compte 450 personnes, réalise 45 millions d’euros de chiffre d’affaires et étend sa présence en France et à l’international (Singapour, Montréal), tout en formant de nouveaux talents via la Zenika Academy.
Les astuces de Carl pour franchir le pas
- Ne restez pas seul : Allez chercher des mentors. Que ce soit via l’IME ou BPI France, entourez-vous de personnes qui ont déjà parcouru le chemin pour challenger votre vision.
- L’autofinancement (Bootstrapping) : Si vous le pouvez, facturez vos propres services au début. C’est le meilleur moyen de créer de la trésorerie sans s’endetter immédiatement.
- Sanctualisez vos vacances : Utilisez un répondeur clair : « Je ne lis pas mes mails. Si c’est une urgence vitale, appelez-moi. » (Spoiler : personne n’appelle jamais).
- Cultiver sa Vision : Définissez clairement votre objectif et les valeurs qui guideront votre entreprise. La vision de Carl « Coding the World » a structuré toute la stratégie de Zenika.
- Prioriser le Bien-être : Mettez l’accent sur la Qualité de Vie au Travail. Zenika prouve qu’il est possible de concilier excellence technique et culture d’entreprise bienveillante.
- Innover Constamment : Restez à la pointe des technologies (Open Source, BigData, DevOps…) et encouragez l’innovation au sein de vos équipes. C’est le moteur de la croissance.
- Communiquer avec Transparence : Partagez ouvertement vos idées et votre passion, comme le fait Carl sur LinkedIn. Cela inspire les équipes et renforce la confiance.
Les recommandations de l’épisode
- « From Good to Great » (Jim Collins) : La bible pour comprendre comment passer d’une bonne entreprise à une entreprise exceptionnelle.
- « Employees First, Customers Second » (Vineet Nayar) : Le livre qui a inspiré la philosophie de management de Carl.
Liens utiles
- Retrouver Carl Azoury sur LinkedIn.
- Découvrir les opportunités chez Zenika.
- S’engager avec le Réseau Entreprendre
- Travailler avec Carl: https://jobs.zenika.com/#jobs
Prêt pour votre propre déclic ?
Le parcours de Carl Azoury prouve qu’on peut bâtir un empire dans un secteur ultra-concurrentiel sans sacrifier ses valeurs humaines. Son secret ? Avoir écouté ce petit murmure qui lui disait qu’il était capable de faire mieux, différemment.
Et vous ? Qu’est-ce qui vous retient encore de transformer votre frustration en projet ?