Épisode #13

Adrien Touzot : Comment vivre de la photographie d’Entreprises & Événementiel

Nicolas Drolo Par Nicolas Drolo
69 min 14 Juil. 2025

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Adrien Touzot : Comment vivre de la photographie d’Entreprises & Événementiel

Et si le courage de changer de vie était la seule étincelle dont vous aviez besoin pour enfin révéler votre véritable passion ?

Avez-vous déjà rêvé de changer de vie, de tout plaquer pour une passion qui vous consume ? De transformer un simple déclic en une carrière épanouissante ? C’est exactement l’histoire fascinante que nous explorons avec Adrien Touzot dans ce nouvel épisode de Renacast. Préparez-vous à être inspiré, car son parcours est une véritable ode à l’audace et au passage à l’action.

Le Déclic, un chemin semé d’expériences

Adrien, 36 ans, se décrit comme un rêveur aux pieds sur terre, et son chemin de vie le prouve. D’abord pompier de Paris pendant six ans, une carrière intense et dévouée, il ressent ensuite l’appel de l’aventure à l’étranger. Il s’envole pour le Canada où il se reconvertit dans la restauration, une expérience qui durera quatre ans. L’envie de se rapprocher de sa famille le mène ensuite en Suisse, où il tente l’expérience du nomadisme digital avec la rédaction web. Le COVID-19 chamboule ses plans, le ramenant finalement à Besançon.

C’est là que la photographie, un rêve ancien, refait surface. Le premier déclic ? Un collègue pompier qui intègre le service communication de la BSPP, utilisant la photo pour documenter l’action. Une frustration positive, le sentiment d’avoir loupé une opportunité. Puis, les voyages, notamment au Népal, renforcent cette conviction. En 2021, pendant le confinement, il franchit le pas : il achète son premier appareil photo et apprend les bases en autodidacte, armé de livres et d’associations comme Grand Pixel.

Du projet personnel à la vocation professionnelle

Adrien ne se précipite pas. Il prend le temps d’explorer, de se former, d’investir dans son matériel, et de laisser mûrir ses projets personnels. Deux d’entre eux vont être décisifs : la rénovation du restaurant 1802 Place Granville où il était chef de rang, qu’il immortalise avant, pendant et après les travaux dans un livre photo. Puis, un reportage poignant au Népal sur un ami et l’inauguration d’un dispensaire, un projet qui donnera lieu à une exposition saluée.

Le vrai déclic du passage à l’action survient lorsque les dates de l’inauguration du dispensaire au Népal ne correspondent pas avec ses congés. La décision est radicale : démissionner pour suivre sa passion. Un acte courageux, mûrement réfléchi avec sa compagne, car « quand on n’a pas d’enfant, la prise de risque est minimale. » Un conseil précieux : profitez de votre « légèreté » pour oser vous lancer !

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L’Art de la Photographie : entre artiste, artisan et commercial

Adrien l’affirme : être photographe professionnel, ce n’est pas seulement appuyer sur un bouton. C’est avant tout gérer une entreprise. Seulement 30 à 40% de son temps est dédié à la prise de vue. Le reste, c’est de la gestion client, des devis, de la comptabilité, de la prospection et de la communication.

Il a structuré son offre autour de trois piliers : la photographie outdoor, le corporate et le culinaire. Un choix basé sur une analyse SWOT de ses forces (son expérience en restauration pour le culinaire, son affinité avec l’outdoor) et les opportunités de sa région, Besançon, riche en entreprises et industries.

Son approche est centrée sur le client, et surtout sur le client de ses clients. Chaque photo doit être efficace pour la communication de l’entreprise. Le briefing est primordial pour comprendre le besoin et définir l’axe du reportage. Il se voit comme un artiste, un artisan et un commercial à la fois : l’artiste pour sa patte et sa sensibilité, l’artisan pour la construction du reportage et l’histoire qu’il raconte, et le commercial pour la tarification et la gestion des affaires.

Les clés du succès et de la confiance

Comment Adrien trouve-t-il ses clients ? Pas de solution miracle, mais une combinaison d’efforts :

  • Prospection et réseautage : S’intéresser aux autres, participer à des événements, rencontrer un maximum de personnes.
  • Collaboration stratégique : Contacter des agences événementielles ou de communication qui ont les mêmes clients mais ne sont pas concurrentes.
  • Réputation et bouche-à-oreille : Les témoignages de clients satisfaits et la qualité de son travail construisent sa légitimité.
  • L’essai et l’approbation : Sur des gros projets, il n’hésite pas à « faire goûter » son expérience, à montrer les premières images pour rassurer et prouver son savoir-faire.

Quant à la facturation, le juste prix se définit d’abord par ses propres besoins financiers, puis par l’étude du marché et le positionnement (plutôt haut de gamme avec moins de prestations, ou plus de volume à des tarifs abordables). La transparence et le dialogue sont essentiels, et le tarif n’a jamais été un frein majeur pour lui.

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Micro-entreprise, matériel et spécialisation : les conseils d’Adrien

Pour débuter, Adrien est catégorique : la micro-entreprise est le statut le plus simple et le plus adapté. Le matériel ? Pas besoin de casser sa tirelire au début ! Il conseille de commencer avec un vieux réflexe d’occasion et un objectif 50mm, « le passe-partout » pour se faire la main. L’investissement dans du matériel plus spécialisé viendra avec l’évolution des besoins et des domaines d’activité.

Quant à la spécialisation, c’est un choix personnel. Si l’objectif est de viser le « très haut de gamme », la spécialisation est quasi indispensable pour développer une véritable signature artistique. Adrien, lui, se concentre sur le milieu professionnel, qui est sa force.

L’humain au cœur de l’objectif et l’IA comme Outil

Pour Adrien, la photographie est une excuse pour aller à la rencontre des gens. Son passé de pompier et dans la restauration a renforcé son désir d’être au service de l’humain. C’est en créant une relation de confiance, en brisant la glace, qu’il parvient à capter l’émotion et l’authenticité, qu’il s’agisse d’un mariage ou d’un reportage en entreprise.

Et l’intelligence artificielle ? Loin d’être une menace, Adrien la voit comme un outil à maîtriser. Comme les professionnels du web l’ont fait, les photographes peuvent l’intégrer à leur workflow (comme Lightroom qui inclut déjà de l’IA). La seule limite, selon lui, est la créativité et l’imagination. L’humain gardera toujours une longueur d’avance par sa vision unique.

Enfin, pour la question des droits à l’image et sur les images, Adrien souligne l’importance d’un contrat solide rédigé par un avocat, qui couvre à la fois le photographe et le client. C’est la garantie d’une relation professionnelle sereine.

Ses inspirations et références

Adrien tient à rendre hommage à ceux qui l’ont guidé. Voici quelques-unes des personnes qui l’ont inspiré :

  • Maxime Dubois : Son premier conseiller pour le choix de son boîtier.
  • Pierre-Édouard Saillard : Spécialiste du shooting studio qui l’a aidé sur la technique de sauvegarde.
  • Johan Judy : Qui l’a également guidé.
  • Vincent Munier : Photographe animalier reconnu, avec une exposition récente aux Salies Royal Darkestn.
  • Alexandre Bègue (Alexiberg) : La référence dans le milieu du trail.
  • Éric Marin (sur Besançon) : Photographe local talentueux.
  • Pascal Raldi (sur Lons-le-Saunier) : Autre photographe local à suivre.
  • Marika Godin : Ancienne athlète de haut niveau, désormais photographe de paysages dans le Jura, travaillant notamment pour les Montagnes du Jura.
  • Marion Dumont (sur le secteur de Baume-les-Dames) : Portraitiste de France, reconnue pour sa signature unique en studio.
  • Empara : Plateforme de formation en ligne qu’il utilise toujours pour se perfectionner.
  • Chloé : Sa compagne, photographe de mariage, qui l’inspire par son approche haut de gamme.
  • Sangay Sherpa : Son ami Népalais, figure emblématique du trail, dont l’histoire a motivé son retour au Népal.
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Le conseil ultime : osez et pratiquez !

Si Adrien devait remonter le temps et parler au jeune homme qu’il était, son message serait clair et percutant : « Achète ce putain d’appareil photo ! Pratique. Amuse-toi quoi. Attends pas de dire qu’il faudrait 2000 ou 3000 € pour l’acheter. 300 balles, ça suffit largement. »

Un conseil simple, mais puissant : décidez, passez à l’action et mettez les choses en place. Le parcours d’Adrien Touzot est la preuve vivante que la passion, la persévérance et l’envie d’apprendre peuvent transformer un rêve en réalité.

Si cet épisode vous a inspiré, ne le gardez pas pour vous ! Partagez-le avec vos amis, votre famille, vos collègues. Qui sait, cela pourrait bien être le déclic dont ils ont besoin pour se lancer. Adrien nous a même glissé qu’il pourrait y avoir une petite attention pour ceux qui viendraient le voir de la part de Renacast… 😉

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À très vite pour un nouvel épisode et surtout, osez passer à l’action !

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