L’entrepreneur ne pense pas pour agir, il agit pour comprendre.
Et si votre plus grande force résidait précisément dans ce que les autres considèrent comme une faiblesse ? Et si, au lieu de chercher une spécialisation, vous faisiez de votre polyvalence une signature ? C’est le chemin audacieux qu’a tracé Adèle Van damme, fondatrice de Fusion Workout et créatrice de la méthode Pilates Fusion.
Dans ce nouvel épisode de Renacast, Adèle nous partage un parcours où le déclic n’a pas été un instant T, mais une philosophie de vie : celle de n’avoir jamais été salariée et de toujours garder « le volant entre les mains ». Une histoire puissante sur l’art de transformer une intuition en méthode, les critiques en carburant, et la passion du mouvement en un empire en pleine expansion.
L’ADN de l’indépendance : « Avoir le volant entre les mains »
Pour beaucoup, l’entrepreneuriat est une destination. Pour Adèle Van damme, c’est un point de départ. « Je n’ai jamais été salariée de ma vie. Je ne sais pas ce que c’est », lance-t-elle avec une franchise désarmante. Loin d’être un hasard, ce statut est un choix fondamental, une véritable nature.
Sa définition de l’entrepreneuriat est limpide et sans bullshit : c’est avoir le volant entre les mains. C’est la capacité d’accélérer, de freiner, de changer de direction sans demander la permission. C’est agir, parfois même avant de tout rationaliser, car l’action est le moteur de la création.
Pour elle, un entrepreneur n’est pas seulement un chef d’entreprise, c’est un « créateur de richesses au pluriel». Des richesses qui ne sont pas que financières, mais aussi humaines, conceptuelles et créatives. Une vision qui a guidé chacun de ses pas, bien avant que Fusion Workout ne voie le jour.
Le déclic : transformer la controverse en conviction
Le véritable tournant s’opère en 2013. Alors enceinte de sa fille, Adèle donne naissance à un deuxième bébé : Pilates Fusion. Le concept ? Hybrider les disciplines, sortir des répertoires d’exercices fermés et, surtout, réintroduire la musique et le plaisir au cœur du mouvement.
Le succès est immédiat. Mais avec lui, vient la critique. Pour les puristes, ce qu’elle fait est une « hérésie ». Pas de musique en Pilates ! Pas de mélange des genres !
C’est là que se niche le véritable déclic d’Adèle. Au lieu de la freiner, cette « levée de boucliers » la booste. Elle réalise que si sa méthode fait autant de bruit, c’est qu’elle touche à quelque chose de juste. Ses détracteurs ne lui donnent pas de la force, ils valident son intuition profonde : l’avenir du bien-être n’est pas dans l’isolement des disciplines, mais dans une vision holistique et joyeuse du corps.
« Je savais que j’étais légitime dans ce que je faisais. J’avais une intuition : il fallait remettre les gens dans le plaisir, dans le déplacement, dans une vision à 360 degrés du mouvement. »
Cette conviction, née de l’opposition, a été le carburant nécessaire pour passer de la simple méthode à une marque structurée, prête à être enseignée.
Du coaching au team building : l’art de dire « Oui »
Comment passe-t-on de coach dans une salle de sport à consultante pour des grands groupes financiers ? Pour Adèle, la réponse tient en un mot : l’écoute.
En coachant des entrepreneurs et des créatifs dans des clubs parisiens haut de gamme, elle ne se contente pas de donner des exercices. Elle dialogue, elle s’intéresse, elle parle le même langage. Son passé « touche-à-tout » (danse, journalisme, études en sciences humaines) devient son plus grand atout. Elle n’est pas « que » coach, elle est une interlocutrice capable de comprendre les enjeux de ses clients au-delà du sport.
Alors, quand un dirigeant lui parle de la gestion du stress dans son entreprise, Adèle ne réfléchit pas : elle dit « oui » immédiatement.
« J’ai des papillons dans le cœur quand on me propose un défi. Je dis oui tout de suite, car ça stimule tellement fort. Le soir même, je prends un stylo et je commence à écrire. »
Elle n’a pas de produit prêt à l’emploi. Elle observe, elle imagine, elle construit une offre sur-mesure en s’entourant de son réseau (prof de comédie, de chant…). C’est la preuve ultime que les plus grandes opportunités naissent souvent d’une simple conversation, à condition d’avoir l’audace d’y répondre par l’action.
4 clés d’Adèle Van damme pour oser passer à l’action
L’histoire d’Adèle est une mine d’or pour quiconque cherche à se lancer. Voici 4 leçons fondamentales à retenir de son parcours :
- Votre parcours est votre force : ne reniez aucune de vos expériences, même celles qui vous semblent sans rapport. La polyvalence d’Adèle (danse, cirque, philo) est devenue le ciment de sa crédibilité et de sa créativité. Tout ce que vous avez appris vous servira un jour.
- Osez faire ce que vous ne savez pas faire : « l’entraînement, c’est justement faire des choses qu’on n’est pas capable de faire. » Cette phrase résume sa philosophie. La peur de l’inconnu est moins dangereuse que le regret de ne pas avoir essayé. Dites « oui » aux défis, la solution se construira en chemin.
- Les critiques sont une boussole : si ce que vous faites dérange, c’est peut-être que vous innovez. Les détracteurs d’Adèle ont confirmé qu’elle tenait une idée forte, à contre-courant. Ne laissez pas la critique vous arrêter ; utilisez-la pour affûter votre vision.
- Votre réseau est sous vos yeux : les premières grandes opportunités d’Adèle sont venues de ses propres clients. Soyez à l’écoute des personnes qui vous entourent. Vos futurs collaborateurs, clients ou partenaires sont souvent plus proches que vous ne le pensez.
À votre tour : l’exercice pour trouver et initier votre « premier mouvement »
Inspiré par Adèle, voici un exercice en deux étapes pour passer de la réflexion à l’action.
Étape 1 : L’inventaire de votre ADN unique (15 minutes)
Comme Adèle, votre parcours « touche-à-tout » est une mine d’or. Prenez une feuille et listez sans filtre :
- Vos 3 plus grandes passions (même celles qui vous semblent « inutiles »).
- Vos 3 compétences « cachées » (celles que vous n’osez pas mettre sur un CV : organiser des dîners, raconter des histoires, dénicher des pépites sur Vinted…).
- Vos 2 dernières expériences professionnelles (en notant une chose que vous avez aimée et une que vous avez détestée dans chacune).
- Un échec qui vous a appris quelque chose.
Regardez cette liste. Ce n’est pas un CV, c’est la carte de votre singularité. C’est de là que partira une idée qui vous ressemble vraiment.
Étape 2 : Le plus petit pas possible (1 minute)
Maintenant, en pensant à ce projet qui vous trotte dans la tête, répondez à cette question : Quel est le plus petit, le plus simple, le moins effrayant « mouvement » que vous pouvez faire maintenant pour avancer ?
Attention, on ne parle pas de « créer un business plan ». On parle de :
- Pas : « Lancer mon site », mais : « Regarder 3 sites que j’adore pour m’inspirer ».
- Pas : « Trouver des clients », mais : « Envoyer un message à une personne de confiance pour lui pitcher mon idée en 3 phrases ».
- Pas : « Créer ma formation », mais : « Ouvrir un document et écrire 5 idées de chapitres ».
Ce premier mouvement, aussi minuscule soit-il, est votre déclic. Il enclenche la dynamique. Faites-le dès que vous avez fini de lire cet article.
La lecture qui inspire
Lorsqu’on lui demande un livre qui l’a marquée, Adèle n’hésite pas : «À mon allure» de William Kriegel. L’histoire d’un homme à la résilience hors norme, qui a bâti des empires en acceptant sa différence et en se relevant de chaque épreuve. Une lecture puissante pour quiconque croit en la force de la conviction.
Le parcours d’Adèle Van damme nous rappelle une vérité essentielle : entreprendre, ce n’est pas attendre d’avoir le plan parfait. C’est commencer à bouger, avec audace et sincérité. C’est transformer chaque expérience en une force et chaque défi en une opportunité.
Et vous, quel est le premier mouvement que vous venez de faire ?