Avez-vous déjà ressenti ce froid soudain ?
C’est dimanche midi. Vous êtes à table, entouré des gens que vous aimez le plus au monde. Entre le fromage et le dessert, vous vous lancez. Les yeux brillants, vous leur parlez de ce projet qui vous empêche de dormir, de cette vision qui vous anime, de cette liberté que vous allez conquérir.
Vous attendez un sourire, un encouragement, peut-être même une étincelle dans leurs yeux.
À la place, il y a un silence de trois secondes. Puis, la sentence tombe, souvent prononcée avec une fausse bienveillance :
C’est bien… mais tu as pensé à tes trimestres pour la retraite ? » « Et si ça ne marche pas, tu fais quoi ? » « Tu devrais quand même garder ton CDI, c’est la crise.
C’est violent. C’est la solitude de l’entrepreneur. Non pas celle d’être seul dans son bureau, mais celle d’être seul au milieu des siens.
Le syndrome de la caverne
Cette incompréhension est normale. Elle est même mécanique.
En philosophie, Platon l’expliquait déjà avec l’Allégorie de la Caverne. Vos proches sont assis au fond de la grotte, regardant les ombres projetées sur le mur (la sécurité, le salaire fixe, les congés payés). Ils pensent que c’est la seule réalité.
Vous, vous êtes sorti. Vous avez vu le soleil (l’entrepreneuriat, le risque, la création de valeur). Quand vous redescendez pour leur raconter, ils ne vous croient pas. Pire, ils pensent que vous êtes devenu fou.
Ce n’est pas qu’ils ne vous aiment pas. C’est qu’ils ont peur. Ils projettent leurs angoisses sur votre courage.
Ils l’ont vécu avant vous
Vous n’êtes pas le premier à subir ces regards dubitatifs. L’histoire de l’entrepreneuriat est pavée de solitaires incompris.
- Phil Knight, le fondateur de Nike. Dans ses mémoires L’Art de la Victoire (Shoe Dog), il raconte comment son père, figure d’autorité respectable, méprisait son idée de vendre des chaussures japonaises depuis le coffre de sa voiture. Pour son père, c’était indigne. Phil Knight a dû construire sa propre légitimité, seul, kilomètre après kilomètre.
- Arnold Schwarzenegger. Quand il a voulu quitter l’Autriche pour devenir bodybuilder, puis acteur, puis gouverneur, tout le monde lui a dit : « C’est impossible ». Il a une règle simple aujourd’hui : « N’écoutez pas les rabat-joie (naysayers) ».
Comme le disait si bien Jim Rohn :
Vous êtes la moyenne des cinq personnes que vous fréquentez le plus.
Si ces cinq personnes sont terrifiées par le risque, vous finirez par l’être aussi. Si elles ne parlent que de problèmes, vous ne verrez jamais les opportunités.
Construire sa « Famille Choisie »
La solution n’est pas de couper les ponts avec votre famille de sang ou vos amis d’enfance. Aimez-les pour ce qu’ils sont, mais ne leur demandez pas d’être ce qu’ils ne peuvent pas être : vos partenaires de vision.
Vous devez vous construire une famille choisie.
C’est ce que Seth Godin appelle les « tribus ». Nous avons besoin de pairs. De gens qui, quand vous dites « J’ai peur de lancer cette offre », ne répondent pas « Alors ne le fais pas », mais « C’est normal, voici comment j’ai géré ça la semaine dernière ».
L’entrepreneuriat est un sport de combat, mais c’est aussi un sport d’équipe.
L’exercice du dimanche : L’audit de l’entourage
Cette semaine, je vous propose de faire le tri pour protéger votre énergie mentale.
1. La liste des deux colonnes Prenez une feuille. Tracez un trait au milieu.
- À gauche (Zone de confort) : Listez les proches qui vous aiment mais ne comprennent pas.
- Action : Avec eux, parlez de tout (cinéma, vacances, famille) SAUF de votre business. Arrêtez de chercher leur validation. Vous ne l’aurez pas.
- À droite (Zone de croissance) : Listez les personnes qui comprennent votre langage (entrepreneurs, créateurs, mentors).
- Action : Si cette colonne est vide ou trop courte, c’est votre urgence absolue.
2. L’action immédiate Contactez une personne qui pourrait entrer dans la colonne de droite. Un autre freelance, un entrepreneur que vous suivez sur LinkedIn, un ancien collègue qui s’est lancé. Proposez un café virtuel de 15 minutes. Juste pour échanger. Brisez la glace.
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Ne laissez jamais le scepticisme des autres éteindre votre flamme. Votre déclic vous appartient. La solitude est le prix à payer pour la liberté, mais elle ne doit être que transitoire.
Trouvez votre meute. Avancez. Et prouvez-leur qu’ils avaient tort, non pas par vos paroles, mais par vos résultats.
À dimanche prochain pour un nouveau déclic.
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Et vous ? Quelle est la phrase la plus agaçante qu’on vous ait dite quand vous avez parlé de votre projet ? Répondez simplement à ce mail (ou en commentaire), je vous lis tous.
