C’est une phrase reçue en plein cœur pendant l’enregistrement qui résume tout : « Chaque fois que tu te trouves une excuse pour ne pas faire ce que tu as envie d’entreprendre, c’est une brique que tu poses pour construire un mur autour de toi. Et ce mur va finir par t’enfermer ».
On a trop tendance à croire qu’après 25 ans de carrière, la messe est dite. On a son expertise, son confort, son réseau. Et on s’habitue à un costume corporate qui, parfois, finit par nous serrer un peu trop. Stéphanie Moser a passé plus de vingt ans dans les bureaux feutrés du marketing d’un grand groupe automobile français. Elle connaissait les codes, maîtrisait les rouages, mais elle a choisi de tout déconstruire pour s’autoriser (enfin) à créer son propre rôle.
Vingt ans dans le moule corporate
Au départ, Stéphanie se décrit comme une enfant unique, rêveuse et imaginative, qui avait besoin d’un cadre sécurisant. Le salariat lui apportait ce cocon. Elle admirait de loin ceux qui montaient leur boîte, mais ne se sentait pas du tout la force ni la « gnaque » de faire cavalier seul.
Mais le confort a un prix. Au fil des ans, le costume devient lourd à porter. Elle se retrouve à devoir défendre des stratégies dictées par sa hiérarchie, des projets auxquels elle ne croit pas une seconde. Pour couronner le tout, elle traverse des périodes compliquées, subissant des épisodes de harcèlement au bureau. Ce climat toxique fait discrètement son chemin dans sa tête : il y a forcément autre chose à vivre ailleurs.
Le grand saut (sans parachute, ou presque)
Le déclic arrive par un ricochet de la vie : son mari décroche une opportunité professionnelle à Varsovie, en Pologne. Dans sa situation, n’importe qui aurait demandé une mutation interne pour rester à l’abri. Pas elle. Stéphanie sent que c’est le moment ou jamais. Elle profite d’un plan de départ volontaire, prend son chèque d’ancienneté et claque la porte du salariat.
Débarquer dans un nouveau pays dont on ne maîtrise ni la langue ni les codes est un sacré vertige. Au début, elle s’investit à fond dans l’associatif, le caritatif, et monte même sur les planches pour un cabaret bénévole. C’est une manière de sortir du canapé et d’aller vers les autres. Mais pour exister face à un conjoint reconnu et ne pas être juste « la femme de », elle ressent le besoin de créer son propre truc. Elle lance a Chic Mood, un site de vente d’accessoires de mode français pour la communauté expatriée. L’aventure ne devient pas une multinationale , elle avoue elle-même qu’elle manquait d’expérience et d’énergie pour la faire exploser, mais l’essentiel est ailleurs. Elle y trouve une vraie fierté. Elle comprend surtout que sa boussole n’est pas l’appât du gain, mais le plaisir de se réaliser sans jamais reculer le matin au moment de se lever.
La renaissance d’une « inspireuse » de 62 ans
Aujourd’hui, Stéphanie a 62 ans et vit sa meilleure vie entre l’énergie de Paris et la lumière de Lisbonne. Sa vie professionnelle s’est réinventée autour de trois piliers qui font parfaitement sens.
D’abord, le mannequinat publicitaire. Elle a commencé presque par hasard, poussée par deux amis photographes à Varsovie. À travers son portfolio, elle a voulu envoyer un message fort : les femmes de 50 à 65 ans ne sont pas invisibles. Elles sont séduisantes, actives, libérées des contraintes familiales, et méritent qu’on les montre autrement que sous les traits stéréotypés de la grand-mère en chignon.
Ensuite, la création de contenu sur les réseaux. Suivie par plus de 28 000 personnes sur Instagram, elle partage ses routines pour « bien vieillir » au naturel, loin des excès de la chirurgie invasive.
Enfin, l’entrepreneuriat dans la prévention santé. C’est une histoire de timing assez folle : il y a dix ans, un homme l’avait contactée sur LinkedIn pour lui proposer de développer une marque de bien-être en Pologne. Elle avait refusé, la tête ailleurs. Dix ans plus tard, le même homme la recontacte pour un nouveau projet de boissons fonctionnelles premium. Cette fois, les voyants sont au vert. Elle se lance dans le marketing relationnel, un modèle qui lui va comme un gant : elle s’appuie sur une structure existante, n’a aucun stock à gérer, aucun risque financier à prendre, et sa rémunération dépend uniquement de son travail et de sa sincérité. Elle ne vend pas, elle recommande ce qu’elle consomme elle-même.
Ce qu’il faut retenir pour oser, vous aussi
Si vous êtes à un tournant de votre vie et que vous hésitez à sauter le pas, gardez en tête les trois mantras de Stéphanie :
- Faites le tri dans le regard des autres : N’écoutez que les critiques constructives et les retours bienveillants. Ceux qui critiquent gratuitement parlent souvent de leurs propres frustrations, pas des vôtres.
- Visualisez la brique : Chaque fois que vous repoussez un projet ou que vous vous trouvez une excuse (« pas le temps », « trop risqué », « on verra demain »), vous posez une brique. Ne construisez pas le mur qui va vous enfermer.
- La maturité est une chance : À 50 ou 60 ans, on a encore une immense tranche de vie devant soi, le recul nécessaire pour éviter les erreurs de jeunesse, et surtout, on n’a plus rien à prouver à personne.
Les coulisses de l’émission & Liens utiles
Comme promis au micro, voici toutes les ressources pour retrouver Stéphanie et creuser les sujets de l’épisode :
Où suivre Stéphanie Moser ?
- Pour échanger avec elle ou suivre ses conseils quotidiens : Sa page Instagram et son profil LinkedIn.
- En savoir plus sur son activité https://canva.link/ef68g65y2uexkg0
Note : Stéphanie propose régulièrement de petits rendez-vous téléphoniques pour ceux qui s’intéressent à son activité de recommandation santé et souhaitent comprendre comment fonctionne son réseau. Sa page de présentation dédiée sera ajoutée ici dès sa finalisation.
La bibliothèque de Renacast :
- La médecine de la longévité, une révolution du Dr Christophe de Jaeger. Une lecture passionnante pour comprendre comment vivre jusqu’à 150 ans en pleine santé physique et mentale.