La seule personne qui sait réellement ce que vous devez faire, c’est vous-même
Elle a fait face à des investisseurs qui lui demandaient « qui gardait ses enfants » pendant qu’elle pitchait. Elle leur a répondu en entrant au classement Forbes.
L’histoire de Julie Boucon, co-fondatrice de HolyOwly, n’est pas un conte de fées. C’est une leçon magistrale d’audace, de résilience et de stratégie, loin des clichés de la Silicon Valley. Partie d’un besoin familial, elle a bâti un leader européen.
Dans ce nouvel épisode de Renacast, Julie partage avec Nicolas Drolo les coulisses d’une aventure entrepreneuriale hors-norme. Un témoignage sans filtre sur la réalité de la tech, le plafond de verre et l’importance de garder sa flamme intérieure allumée.
Le déclic : de la cage dorée à l’impact
Avant de devenir l’entrepreneure à succès, Julie Boucon avait un parcours que beaucoup qualifieraient d’idéal. Des postes confortables dans des géants du luxe comme LVMH et L’Oréal. Une vie structurée, sécurisisante.
Mais une chose lui manquait : l’impact.
Le véritable déclic s’opère lorsque sa sœur, Stéphanie, rentre de Shanghai avec une idée née d’un besoin : apprendre les langues aux enfants de façon efficace et ludique. En 2015, elles décident de tout quitter.
« J’ai toujours été animée par l’innovation », confie Julie. Mais pour entreprendre, elle a dû désapprendre. Désapprendre la structure rigide des grands groupes pour embrasser l’agilité.
L’humilité : la première qualité du couteau suisse
Lancer sa boîte, c’est accepter de devenir un « couteau suisse ». C’est la première leçon de Julie.
Elle qui gérait des projets d’envergure s’est retrouvée à distribuer des flyers devant les écoles, à enfiler un costume de mascotte (une chouette bleue !) et à faire le ménage dans leur premier local.
« Je pense qu’une des plus grandes qualités quand on se lance dans l’entrepreneuriat, c’est l’humilité. » Julie Boucon
Cette aventure commence sans la compétence clé : la tech. Ni elle ni sa sœur ne savaient coder. Elles ont d’abord fait appel à des prestataires externes. Une erreur coûteuse qui a freiné leur croissance.
Leur première décision forte après leur levée de fonds ? « On a mis toute la tech à la poubelle. » Elles ont tout recommencé, cette fois en interne, pour bâtir l’application de leurs rêves.
Lever des fonds : le plafond de verre des 2%
L’histoire de Julie Boucon est aussi celle d’un combat. Le combat d’une femme dans un monde d’hommes.
Le chiffre qu’elle partage est sans appel : seulement 2% des fonds levés dans la tech le sont par des équipes fondatrices 100% féminines. Un chiffre qui n’a pas bougé en 10 ans.
« On a découvert qu’il allait falloir prouver bien plus que des hommes. »
Elle raconte les questions déplacées, les doutes constants des investisseurs. Mais sa détermination et celle de sa sœur étaient plus fortes. Elles ont convaincu, bâti un board solide et ont été intégrées à Station F et accélérées par Apple.
Son conseil, aussi terrible soit-il, est « sans bullshit » : « Honnêtement, associez-vous à un homme. Les équipes mixtes ont de meilleurs pourcentages de levée. »
Le coup de génie du Covid : donner pour mieux grandir
Mars 2020. Le monde se confine. Pour beaucoup d’entreprises, c’est le début de la fin. Pour Julie et Stéphanie, c’est un tournant.
Leur réflexe n’est pas financier, il est humain. Elles décident d’offrir la gratuité totale de leur application à toutes les familles et écoles de France. Un « geste sociétal » pour aider les parents à occuper leurs enfants intelligemment.
Ce qui s’ensuit est démesuré :
- Leur solution est relayée par le portail du gouvernement.
- Des régies publicitaires leur offrent de la visibilité gratuite.
- Des millions d’utilisateurs découvrent l’application.
Quand elles lancent leur nouvelle version, robuste et gamifiée, en septembre 2020, la base d’utilisateurs est là. L’hypercroissance commence.
La vente, le deuil et la nouvelle étincelle
L’objectif n’a jamais été de vendre. Après avoir été élue meilleure application européenne par Apple, l’ambition était de conquérir les États-Unis.
Mais le marché du financement se crispe. Alors qu’elles cherchent à lever des fonds, trois offres de rachat arrivent simultanément. En trois mois, l’entreprise est vendue à un groupe suédois.
Et puis, le vide.
Julie raconte avec une sincérité poignante le deuil de l’entrepreneur. Après avoir accompagné la transition pendant 2 ans, elle quitte le navire. « J’ai rarement été aussi malheureuse. Je n’avais plus d’objectif dans la vie. »
Elle qui se plaignait de manquer de temps se retrouve avec trop de temps, mais plus d’énergie.
« Ce que j’ai découvert, c’est que si je ne crée pas, si je n’entreprends pas, l’étincelle qui m’anime tous les jours s’éteint. »
Aujourd’hui, l’étincelle est ravivée. Julie Boucon se relance. Pas dans un, mais dans deux nouveaux projets : un business club à Besançon (Business Match) et une marque de slow-fashion en cachemire pour enfants (Be magic).
Les clés, livres et mentors de Julie Boucon
Cet épisode est une mine d’or de conseils concrets. Voici ce qu’il faut retenir du parcours de Julie pour passer à l’action.
5 clés pour entreprendre :
- Ne vous lancez pas seul. L’association de Julie avec sa sœur a été leur plus grande force. Trouvez un partenaire complémentaire pour traverser les hauts et les bas.
- Cherchez des mentors. « Un mentor qui sera passé par toutes les étapes va te faire gagner un temps juste incroyable. » N’hésitez pas à contacter des gens sur LinkedIn.
- Lever des fonds n’est pas une fin en soi. On peut réussir en s’autofinançant ou via du crowdfunding (ce qu’elle va faire pour Be magic). Ne suivez pas les « standards » de la start-up nation.
- Gardez un équilibre mental (faites du sport !). « Les meilleures idées, je les ai eues en courant. » Le cerveau a besoin de se déverrouiller pour rester créatif et résilient.
- Faites-vous confiance. « La seule personne qui peut savoir réellement ce qu’elle veut faire, c’est soi-même. » N’écoutez pas les « Gérard » bienveillants qui vous découragent.
Lectures et ressources recommandées :
Durant l’épisode, plusieurs ressources inspirantes ont été mentionnées pour vous aider à nourrir votre propre déclic :
- Le livre conseillé par Julie : La biographie d’Éric Larchevêque (cofondateur de Ledger). Elle souligne l’humilité et la simplicité d’un grand entrepreneur qui a énormément itéré avant de trouver le succès.
- La recommandation de Nicolas : Le livre « J’ai peur mais j’y vais » de Lucie Lebaz. Un guide pratique pour surmonter ses peurs et passer à l’action, ainsi que son épisode dédié sur Renacast
- Organismes d’aide : Julie insiste sur l’importance de s’entourer. Elle cite BPI France (pour la Bourse French Tech), le Réseau Entreprendre, ou encore le Village by CA.
Les nouveaux projets de Julie à suivre :
Comme promis, voici les liens pour suivre les nouvelles aventures de Julie Boucon :
- Biznessmatch Besançon: Le nouveau business club de Besançon. Pour en savoir plus ou candidater : [Lien LinkedIn ou site de Business Match]
- Be Magic : La marque de cachemire « slow fashion » pour enfants. La campagne de crowdfunding sera lancée sur Ulule. Suivez le profil de Julie pour être informé du lancement.
Où contacter Julie Boucon ?
Julie l’a confirmé dans l’épisode : elle est très accessible et répond volontiers aux sollicitations pertinentes, notamment pour mentorer ou échanger.
Comme elle le dit si bien : « Moi je me suis rarement […] j’ai rarement eu une une sollicitation sur LinkedIn sans réponse. »
Le meilleur moyen de la contacter pour lui demander un conseil ou suivre son actualité est donc de vous connecter avec elle sur LinkedIn :
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