La peur du regret a finalement vaincu la peur de l’échec.
Après 14 ans de salariat, une carrière stable, des responsabilités et la sécurité du salariat, Delphine Clairc Serette a fait le grand saut. Elle a quitté un poste de responsable communication pour créer sa propre agence, Pétillance Communication, et poursuivre une mission qui lui tient à cœur : remettre l’humain au centre de son métier.
Comment passe-t-on de la sécurité rassurante du salariat à la liberté vertigineuse de l’entrepreneuriat ? Quel est ce moment précis où la peur de l’inconnu cède la place à l’envie irrépressible de créer ?
C’est ce déclic que Delphine nous raconte.
La petite voix qui disait « C’est pas pour toi »
Delphine a toujours aimé écrire. Depuis les rédactions de l’école primaire jusqu’à ses études littéraires, les mots ont toujours été son refuge. Son premier poste de salariée lui permet d’ailleurs de faire ce qu’elle aime : elle rédige des portraits d’entrepreneurs pour un magazine. Elle est déjà « captivée » et « admirative » de ces parcours, de cette résilience.
Pourtant, malgré cette admiration, l’idée de se lancer lui semblait impossible.
« À chaque fois que je me suis dit ‘J’aimerais bien créer une entreprise’, tout de suite, j’avais une petite voix qui me disait ‘C’est pas pour toi.’ J’avais cette croyance que pour monter une entreprise, il fallait soit être issu d’une famille d’entrepreneurs, ou alors avoir beaucoup d’argent. »
Cette « petite voix », c’est ce que l’hôte de Renacast, Nicolas, compare au « Gérard » décrit par Julie Les Bases (autrice de J’ai peur mais j’y vais et invitée de l’épisode 25) : cet ange gardien qui, en voulant nous protéger, nous empêche d’avancer.
Le déclic face au miroir du temps
Alors qu’elle occupe son second poste, plus stratégique et moins opérationnel, Delphine sent qu’elle « perd le sens » de ce qu’elle fait. Le Covid et la quarantaine approchant agissent comme des catalyseurs, forçant l’introspection.
Et puis, un jour, une autre voix prend le dessus. Plus forte que la peur, c’est la peur du regret.
C’est LE déclic.
« Le déclic c’est que… je m’imagine moi à 80 ans, assise sur une chaise à regarder par la fenêtre et à me dire : ‘Et si j’avais tenté de créer mon entreprise ? Qu’est-ce qui se serait passé ?’
J’avais une angoisse, c’était de jamais avoir la réponse à cette question. Je me suis dit : en fait, je préfère avoir la réponse, même si elle est ‘et ben c’était pas ton truc, tu as pas réussi’. Au moins, j’aurais la réponse. »
Bâtir sa nouvelle vie : soutien, réseau et storytelling
Une fois la décision prise, tout s’enchaîne. Delphine insiste sur l’importance cruciale du soutien de ses proches, notamment de son mari qui lui dit simplement : « Mais qu’est-ce que tu attends en fait ? Fais-le. »
Elle ne part pas seule. Elle se fait accompagner par la BGE (Boutique de Gestion en Entreprise) et choisit le statut de la micro-entreprise.
Sa meilleure décision ? Ne pas rester seule. Elle prend un bureau en coworking (à L’Épicerie) pour « rencontrer des gens » et « se faire un réseau ». Bingo: 15 jours après son arrivée, elle décroche son premier client autour d’un café. Une cliente qui, 3 ans plus tard, est toujours là.
Aujourd’hui, Delphine fait ce qui la faisait vibrer au tout début de sa carrière, mais à sa façon. Elle est rédactrice, spécialisée en interview et storytelling. Sa mission est d’aider les entrepreneurs et les entreprises à raconter leur histoire, à trouver leur « fil rouge ».
Elle combat l’idée reçue que nous sommes tous banals. « En fait, les gens ont des choses à raconter, » explique-t-elle. Son processus ? Un entretien de 3 à 4 heures, en face à face, pour capter l’essence, les valeurs, les anecdotes qui rendent un parcours unique.
Car, comme elle le conclut si bien : « On attire des clients qui nous ressemblent. »
Les conseils de Delphine pour enfin oser (et s’organiser)
Au-delà de son histoire, Delphine partage des conseils concrets pour ceux qui sentent le déclic arriver mais hésitent encore.
Pour oser se lancer :
- Foncez. C’est son conseil numéro un. « Vous avez qu’une vie. Qu’est-ce que vous avez à perdre ? (…) Au pire ça marche pas. Mais au moins vous l’aurez tenté. »
- Parlez-en autour de vous. Oser dire son projet à voix haute à ses proches, sa famille, ses amis, permet non seulement de récolter un soutien crucial, mais aussi de s’engager vis-à-vis de soi-même et des autres.
- Faites taire la peur du « qu’en dira-t-on ». Le regard des autres est souvent un frein puissant. S’en détacher est une étape essentielle pour avancer.
Pour s’organiser au démarrage :
- Faites des listes. Avant de se lancer, Delphine a tout posé sur le papier. Elle a fait des tableaux « pour » et « contre » pour rationaliser sa décision et clarifier son projet.
- Ne restez pas seul. C’est son conseil le plus important. Travailler de chez soi peut être isolant. Rejoindre un espace de coworking lui a permis de créer une routine, de s’entourer d’autres entrepreneurs, de partager les problématiques et, surtout, de trouver ses premiers clients.
- Faites-vous accompagner. On ne peut pas tout savoir. S’appuyer sur des structures dédiées (comme la BGE pour elle) permet de sécuriser le lancement, de faire les bons choix administratifs (comme le statut de micro-entreprise) et de gagner un temps précieux.
Les références et les liens de l’épisode
Comme promis dans l’épisode, voici les liens pour aller plus loin avec Delphine et les sujets abordés :
- Retrouver Delphine :
- Son site officiel : Pétillance Communication
- Son profil LinkedIn et Instagram
- Les structures et collectifs mentionnés :
- Le Collectif Domino: Le collectif de communicants (dont Adeline Cointe épisode 16)
- BGE : L’organisme qui l’a accompagnée : BGE Franche-Comté
- Elles@Besaçon : Le réseau d’entrepreneuses : Elle à Besancon
- CercleCom : L’association des communicants de Bourgogne-Franche-Comté.
- Les livres qui ont inspiré Delphine :
- L’épisode Renacast mentionné par Nicolas :
- Épisode 25 avec Julie Lebaz (J’ai peur mais j’y vais) : Écouter l’épisode
Oser, pour ne jamais regretter
L’histoire de Delphine est un rappel puissant. Cette petite voix qui nous dit « c’est pas pour toi » n’est souvent que l’écho de nos propres peurs. Le véritable risque n’est pas d’échouer ; le véritable risque, c’est de se retourner à 80 ans et de se demander : « Et si j’avais osé ? »
Merci Delphine pour ce partage authentique.